L'avis de Mélody

14 mai 2012

MAYDAY...

CLUB MEDChers amours,

J'espère que vous allez bien, dans notre cher pays imbibé d'eau et de gris. Si j'ai bien compris notre nouveau grand schtroumpf à désormais des lunettes et la moitié (presque...) du village est terrifiée par les années de goulag à venir (...). Du bout du bout du monde je vous souffle à tous une bouffée de MariJane, histoire de vous détendre un peu, je vous sens shouia crispés...

Mille baisers gorgés de rhum et de smecta.

Votre dévouée petit soldat.

Ps: Le coquillage est grillé. Je répète le coquillage est grillé*.

 

* Mes amours je vous en prie venez me chercher, j'ai peur...

Je sais bien que vous avez d'autres chats à fouetter, que votre priorité est d'aller enterrer les bijoux dans le jardin, et de troquer vos Weston pour des Bata d'occasion pour ne pas éveiller l'attention des Brigades du nouveau chef. Mais vous ne pouvez pas me laisser comme ça, prisonnière du village des fous...

C'est mon 6eme jour et je sens bien que je suis en train de changer, je soupçonne un empoisonnement lent à coup de psychotropes habilement dissimulés dans les buffets gargantuesques. Sauvez moi avant que je devienne comme eux... Oui, eux, les autres condamnés, disséminés dans les centaines de cellules qui recouvrent notre camp. Il n'y a pas de barreaux à nos fenêtres mais je ne suis pas dupe, cet illusion de liberté est un leurre uniquement destiné à éviter une mutinerie. Nos geôliers que nous appelons familièrement G.O entre nous, nous ont "bagués" dès notre arrivée sur le campement à l'aide de bracelets indestructibles marqués du sigle de la secte.

La vie est épuisante ici et je ne cesse de rêver que je revois Paris, que j'écoute FIP dans ma voiture, bloquée entre la porte de Clichy et celle de Bagnolet, bercée par le ballet incessant de mes essuies glaces. Pablo (un des G.O le plus humain) m'a conseillé d'arrêter de penser à ma vie d'avant et je cite "d'accepter pleinement ma nouvelle existence"... J'ai décidé d'être exemplaire, dans l'espoir d'une remise de peine. Je suis donc de toutes les activités forcées , enchaînant courageusement et sans jamais me plaindre des cessions de nage, de tennis, zumba, yoga, step, aérobic, low impact, abdo-fessier, kayak, voile, pétanque, volley, ou encore aquagym... Les G.O sont partout et surgissent à tout moment comme des diables montés sur ressort. Nous sommes escortés à chaque instant de notre détention, la surveillance est permanente et souvent bruyante.

J'ai également reçu une formation aux arts de la guerre : fléchettes et tir à l'arc et subi à plusieurs reprises la terrible épreuve du transat qui impose une immobilité horizontale sous le soleil brûlant. J'endure l'impossible, motivée uniquement par l'éventualité de ma libération et m'accroche à chaque regard de mes geôliers, chaque sourire de mes co-détenus. Les fous ont pensé à tout, même à un espace carcéral pour les enfants avec des géo encore plus vigilant que sur le reste du camps, une véritable mini forteresse dans la grande.

L'eau nous étant interdite, j'alterne mojito et caipirinha pour étancher une soif continue sous ces températures tropicales. Avec les autres reclus, nous nous croisons et nous re-croisons sans cesse, les yeux brillants, la peau brunie, les lèvres brûlées par le sel et le cerveau quotidiennement ramolli par des enchaînements chorégraphiques très ambitieux. Unis par un bracelet et un destin commun nous sommes les G.M (gros malins), et si nous acceptons notre sort, nous ne désespérons pas de trouver la sortie...

Mes amours, je fais des croix sur le mur de ma chambre à chaque coucher de soleil, en espérant que le suivant me ramènera à vous. Hier, j'ai accepté non sans peine de me faire manipuler au spa par les mains expertes d'une de nos Geôlières, mais je ne sais pas si je pourrais tenir encore très longtemps... L'autre jour, ils m'ont forcé à passer sous une barre placées de plus en plus bas avec une musique de sauvages et tous les fous qui frappaient dans leurs mains en hurlant "Limbo! Limbo!". J'ai gagné. J'ai eu le droit de remplacer les mojitos par du rhum coca pendant toute une journée.

Je sais bien qu'en métropole, le pays retient son souffle, obnubilé par ce changement de chef mais si vous avez un petit instant, un seul, pensez à moi et mes compagnons d'infortune, prisonniers du soleil et des cocotiers. Le petit hongrois avait déployé beaucoup d'énergie à récupérer Miss Betancourt qui se la coulait douce en Colombie, pouvez vous dire à François de venir me chercher, sinon je vais mal tourner. Je vous jure, à force de meringuer sur les rythmes chaloupants et de faire les "crazy sign" en guise de prière , je suis doucement en train de devenir inapte à la vie urbaine et ma réinsertion parisienne s'annonce périlleuse...

Le coquillage est grillé, je répète, le coquillage est grillé.

 

Re PS: François, ne m'oublies pas, j'ai voté pour toi... Si ça peut t'aider, j'ai remarqué que nos Geôliers portaient des uniformes brodés "Punta Cana" et que sur nos bracelets de sécurité était gravé un trident (?!!!). Affection. Melody.

punta 2

"Le bonheur si je veux..." C.M

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01 mai 2012

Quelques grammes de tendresse...

tendresse"De quelle couleur est le bonheur?"

Mon fils à 4 ans et ses questions ont la candeur et la poésie qu'on a de cesse de rechercher ensuite toute sa vie...

-"Euh... Vert. "

Oui, je sais, j'aurais pu développer à l'infini, entamer un débat philosophique, ésotérique, politique ou hippique, mais comme je ne suis pas certaine d'en connaître beaucoup plus que mon petiot sur le bonheur malgré nos 30 ans d'écart... Je me suis dit qu'après tout "vert", était une

réponse valable... Dans un soucis démocratique je lui retournais la question, et mon petit morceau d'homme, du haut de son mètre 08, m'éclaboussa une fois de plus de sa sagesse délicieuse : "Ça dépend, des fois marron quand on mange un éclair au chocolat, ou rouge si c'est des fraises au sucre...". C'est pourtant vrai, le bonheur, c'est un instant, et sa couleur varie en fonction de ce dernier. Platon n'aurait pas dit mieux.

Mon mini philosophe poussa alors un cri, unique et frénétique, c'était l'heure du tirage du loto, et cet événement provoque immanquablement chez lui une immense joie. Je ne joue jamais, je ne gagne évidemment pas plus mais voir mon bouchon s'enthousiasmer ainsi pour quelques boules s'extirpant d'un panier en plexi à fait de moi une fidèle de la française des jeux. 22, 9, 34, 11... Mon fils aime tous les numéros, il les braille à la maison comme un poissonnier à la criée, prenant plus de plaisir à observer le tirage que les gagnants à gagner. Lui exposant le principe du jeu et du gain je l'interroge sur l'utilisation qu'il ferait d'une éventuelle cagnotte.

-"J'achèterai plein de chocolat."

J'adore. Je veux avoir 4 ans !!!!!

-"Et aussi un ordinateur plus facile pour toi maman, parce que ça a l'air très difficile ton ordinateur."

Ooooooh...Je veux qu'il ait toujours 4 ans !!!!!

La couleur du bonheur ressemble terriblement à une phrase d'enfant.

En grandissant on s'obstine à vouloir le meilleur travail, dans la meilleure ville, avec le meilleur des époux pour fonder la meilleure des familles. Comme si cela ne suffisait pas, on s'impose d'avoir les plus belles fesses, de faire les plus belles tartes, et d'organiser les plus beaux goûters d'anniversaire. Condamnés à la frustration et l'insatisfaction, nous avons appris la politesse et le respect (pas tous...) mais oublié le bonheur simple d'un éclair au chocolat...

Pour faire plaisir à mon ouistiti, je lui propose d'organiser une fête merveilleuse pour ses 5 ans, avec des tas d'amis, une animatrice, des déguisements et du sucre à profusion. Je lui demande de me donner un thème pour programmer les festivités, lui proposant comme exemple les pirates, ou les cowboys... Mon enfant me scie littéralement en me répondant le plus naturellement du monde (et je vous jure que c'est vrai):

-"Je voudrais une fête Jean-Luc Mélenchon".

Même si je ne doute pas de sa liberté de penser, je suis obligée d'y voir l'influence de sa grand-mère, ma mère, Coco la rouge qui vient d'accueillir ma progéniture une semaine sous son toit. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents communistes. Moi si. Je continue d'énoncer des idées de birthday: Peter Pan, Cars, les dinosaures... Rien n'y fait, mon fils est une merveille d'obstination et de persévérance (il est buté...), il veut pour ses 5 ans une Mélenchon Party. Pas évident de convaincre les parents d'élèves de me confier leurs mouflets avec un thème pareil... C'eût été pourtant divertissant de reconstituer une manif altermondialiste avec des moyenne section de maternelle. Et puis ça changerait un peu des chasses aux trésors et autres courses en sac...

Je me suis tout de même dit aujourd'hui, que nous étions dans ma famille lié par une douce folie. Alors même que je suis en train d'écrire ce petit billet, à la base une réflexion sur le bonheur, ma mère derrière son ordinateur lit à haute voix les différentes dispositions possibles en cas de décès. Je ne sais plus comment le sujet à été abordé mais là soudainement entre le fromage et le dessert, il fallait absolument (elle est aussi têtue que le petit) qu'elle demande à M.Google, maintenant, tout de suite, les démarches pour planifier une crémation (...)

Habitué aux excentricités de sa grand-mère, mon fils fait fi de son obsession du jour  "recherche urne désespérément", de toutes façons il croit en la réincarnation.

A cet instant, son obsession à lui (en fait, il ressemble beaucoup à sa Mamie Coco) est uniquement de conserver l'arrête centrale de la sole dégustée à midi pour me fabriquer un collier.

Je me vois alors laver la dite arrête avec du pousse-mousse au pamplemousse et sourire...

J'ai engendré un artiste contemporain gaucho bouddhiste, je n'ai pas perdu au loto, je vais prendre l'avion avec un sautoir qui sent le poisson, ma mère à abandonné sa quête de concession, cet après-midi il fait gris et je me dit que pour l'heure c'est peut-être bien la couleur du bonheur...

 

 

"Je voudrais bien aller en vacances au pays des merveilles."

"Moi ce que je préfère dans la vie c'est gratter mes doudous tout le temps."

"Aujourd'hui je vais être mal élevé."

"Espèce de flute enchantée !"

"Maman, t'es jolie comme une poubelle."

"Je veux voir mes yeux."

"J'ai un énorme cœur dans ma tête."

"Pourquoi tu es ma maman?"

"Je caresse la pizza pour qu’ elle s'endorme."

"Mon bras, il a mal à la gorge."

"C'est tous des jumeaux les chinois?"

"Tout le monde aime tout le monde sauf les méchants et les chasseurs et les chiens des chasseurs."

"Quand on est dans la télé, on n'est jamais mort."

"J'ai rêvé de l'amitié du monde".

R.L

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22 avril 2012

Lettre aux François.

drapeauLettre à toi, le premier de tous les François depuis François 1er. Puisqu'à priori, tu seras l'élu , laisses moi t'offrir ces quelques mots. Je préférerai te donner des perles de pluies venues d'un pays où il ne pleut pas mais hélas mon François, chez nous il pleut souvent, et il va te falloir bien du talent pour passer entre les gouttes. N'oublies pas de te draper dans ton humilité pour te préserver de toute l'humidité ambiante, et pénétrante. N'hésites pas à chausser les bottes de caoutchouc, celles des marins, des écoliers et des culs terreux. Je ne peux pas croire que ça te gênes de marcher dans la boue, je ne veux pas croire que ça te gênes de dîner avec nous. 

Je sais, nous attendons beaucoup de toi, forcément trop... Tu n'es qu'un homme et soyons honnête, on ne peut pas parler de coup de foudre entre nous. D'ailleurs, si Dominique n'avait pas fait la nique à son destin, aurais tu seulement entamé ton régime? J'ai besoin d'y croire, je veux François que tu me donnes l'envie, l'envie d'avoir envie. Une nation c'est exactement comme une femme, si elle succombe, elle te regardera avec les yeux mouillés de l'approbation, de la confiance et du désir. Laisses nous t'aimer François, toute une nuit, laisses nous, tout un mandat, faire avec toi, le plus long, le plus beau voyage... Enfin, le plus long, c'est pour la chanson, si tu pouvais juste nous parsemer de quelques pétales de roses  ce chemin de rigueur, ce serait déjà pas mal. Je ne nourrie pas beaucoup d'illusion mais un soupçon tout de même... Un espoir un peu naïf, celui de nous aimer un peu plus, nous tous, nous autres, nous français et moins français. En fait je suis en train de me demander si plus encore qu'à une quête présidentielle, ce n'est pas à une quête divine que j'aspire.

Petite pensée pour un autre François, le saint venu d'Assise, qui consacra toute sa vie aux plus démunis.  Il à invité tous les humains à l'amour mutuel et au respect de notre mère la Terre, notre soeur la Lune et notre frère le Soleil. Un peu barré mais méritant notre éternel respect, big thumb pour St François d'Assise.

Un mot pour toi aussi Bayrou, lutin malicieux du peuple du milieu. Je n'ai pas lu ton programme, je ne t'ai pas écouté, je ne t'ai jamais vraiment aimé, ni même détesté. J'ai tout mangé le chocolat, j'ai tout fumé les Craven A, et comme t'étais toujours pas là... Je suis de ces 90% qui ne voteront pas pour toi, mais tu t'appelles François, alors voilà...  

Plane sur ces élections le fantôme imposant d'un illustre homme d'état qui marqua d'une rose rouge quatorze année d'une vie française. Né à droite, il a fait passer la gauche, et fait danser mes proches. Notre dernier socialo-president-mohican a parfois fait du moche mais on doit à ce François quelques grands pas. Je me souviens de toi, et je me demande ce que tu penserais de tout ça, de ce monde devenu fou, de cette élection, de nous... Je vais quand même te dire que je trouve ta bibliothèque aussi gracieuse qu'un pack de lait, mais bon... Je sais tonton, peu importe le flacon...

Mes amis droitiers, respirez... Et patientez. Je suis persuadée que les prochaines seront pour vous, parce que la France aime alterner, et que ce François là, avec son petit bout de Jean placé devant attend son moment. En 2017, il sera prêt Coppé, vous verrez. Et pour vous, camarades  réfugiés politiques en Suisse suite au trauma dit "trauma des 75%", ce sera peut-être l'heure du retour. Avant de partir, faites moi un petit signe, je ne soupçonnais pas avoir des amis si blindés...et je cherche un sponsor pour réussir mon été (...)

Bon, mes chéris, aujourd'hui c'est dimanche, et y'a d'la joie, dites bonjour aux hirondelles, y'a d'la joie dans le ciel par dessus le toit...

Après la messe, profitez en pour aller voter, quoi qu'il arrive on va se marrer..

 

Mauriac, Cluzet, Berleand, Feldman, Valéry, Truffaut, Leotard, Barouin, Rabelais, Fillon, Marcantoni, Perier, Corbier, Cavanna, Ravachol, Ozon... François François.

 

"Le president de la republique est gardien de la constitution et pendant qu'il fait ça, il n'est pas au bistrot." Pierre Desproges

 

 

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18 avril 2012

CHUBAKA

chubaPendant qu'à la capitale des quartiers entiers sont réquisitionnés pour le grand concours de "foule à drapeaux" en vue de l'accouchement de notre prochain président, survit dans le 16eme arrondissement un petit être innocent, prisonnier de la folie des "grands". 

Je l'ai rencontré par accident, un soir de printemps, alors que je buvais une blanche dans les beaux quartiers. Au début j'ai souris, le spectacle était amusant, puis j'ai fait des photos pour montrer aux copines et se bidonner, enfin j'ai été bouleversée. 

Chubaka  est un chien de l'ouest parisien, un petit York de rien, et j'ai vu dans ses yeux  le plus déchirant des S.O.S urbains. Pourtant, je n'ai rien du défenseur canin. J'aime les chiens, mais de loin, dans les pubs, sur les cartes postales avec un petit tonneau autour du cou ou bébé dans un panier en osier. 

Mais soyons sérieux, le cleps, le vrai, celui que tu sors à 6h du mat, avant même d'avoir avalé ton café, qui te lèche la bouche avec son haleine de poney avarié ça ne peut être qu'une punition divine, une épreuve du destin. 

Je ne suis pas obtus, je reconnais volontiers qu'il existe des spécimen qui imposent le respect, et j'admets que parmi toutes les marques de chiens, certaines ont des produits mieux finis que d'autres. Mais en tout honnêteté, je suis très déçue par l'évolution du chien. Après des siècles d'humaine compagnie, l'expression canine se limite toujours à une succession de jappements navrants. Nul. 

Je ne comprends pas cette satisfaction douteuse qui consiste à ramasser à l'infini une balle engluée de bave, puis la relancer au loin pour voir son génial animal la récupérer. Enfin, je dois vous dire que chaque fois que je vois un de mes congénères enfiler son gant de plastique transparent pour vivre cet instant sensuel et émouvant avec les excréments de Rantanplan, je me sens profondément chanceuse d'être épargnée de ce châtiment.

J'aime les chiens, la preuve, je n'en ai pas.

Bref, revenons en à Chubaka, qui me regarde si puissamment ce jour là que malgré ma non-attirance évidente pour ce peuple à poils, je me sens défaillir... Je regarde, j'écoute et je comprends. 

Mes amours, il y a parmi nous des gens à ce point déséquilibrés qu'ils évaluent difficilement l'indécence de leurs propos:  Chubaka, chien martyre, vit dans un palace, il a sa propre chambre de 15m2, avec son nom en lettres de bois sur la porte, un lit, un bureau, des posters de Lacie et de Mabrouk... Un "pet interior designer", comprendre un escroc, à entièrement réaménagé l'espace à vivre du York-cher à sa mémère. La dite maîtresse s'épanche sur l'épaule de sa meilleure amie, elle est au bord du burn-Out: Chubaka fait la grève de la faim. Le petit chien boude ses royales patées, pourtant dignes de figurer sur le menu d'un restaurant étoilé. Le meilleur boucher de Paris confectionne quotidiennement des steaks hachés à la main qui sont livrés par coursier à son domicile. Mais depuis quelques jours Chubaka refuse de s'alimenter. Ni Ludmilla sa dévouée gouvernante, ni Pablo son coach sportif ni même le docteur Ciboulot, éminent psychologue présent tous les matins, ne parviennent à redonner de l'appétit à notre ami. 

Sa maîtresse à tout essayé, de la consultation d'un voyant canin au massage à quatre mains au luxueux Spa des cinq niches. Elle avoue même un peu honteuse avoir fait fit de ses principes en faisant appel samedi dernier à des call-dog tarifées,  mais les trois chiennes ne sont jamais parvenues à faire bouger la queue du York. 

Je regarde Chubaka, installé comme un roi sur un coussin de velours pourpre à la terrasse ce ce café huppé de la rue de la Paix, il me fixe toujours. Soudain, ses paupières se mettent à cligner de manière désordonnée, puis je comprend enfin que le toutou dépressif est en train de faire du morse oculaire. "Mayday. Mayday. Sortez moi de là. Urgence."

Je bois ma bière d'un trait. Je suis abasourdie. Je me serais trompée à ce point sur le Q.I du meilleur ami de l'homme. Il existerait bel et bien une intelligencia parichienne, un monde à part et à quatre pattes habilement dissimulé derrière de talentueux petits acteurs courants après les balles et aboyant bêtement pour mieux nous duper. Fichtre ! 

Je commande une deuxième blanche, je gribouille un croquis (ils ne savent tout de meme pas lire??!) pour informer Chubaka de la bonne réception de son signal de détresse. Je l'assure de ma détermination à organiser la résistance, je veux l'aider à s'échapper. Mais la tâche s'annonce difficile, sa maîtresse écervelée à un budget illimité pour faire de l'existence de mon nouvel ami une vraie vie de chien. 

Mes amours, je fais donc appel à vous, à votre générosité, à votre solidarité, et je lance officiellement un Chubathon, pour libérer mon ami de la folie des hommes, et surtout d'une femme. Envoyez moi vos messages de soutien, vos dessins, je les ferai parvenir à notre prisonnier du 16eme. Grâce à vous, Chubaka reprendra peut-être goût à la vie, et un jour j'en suis certaine le mot LIBERTÉ s'écrira en pâtée pour chien dans le ciel parisien. 

Vive la résistance. Vive la France.

 

 

 

"le chien n'aime pas la banane, et il ne veut pas que la poule en mange". Proverbe martiniquais.

Ouai, Ouai, Ouai... Alors... Sois l'auteur du proverbe à fumé un demi cocotier, soit ...un entier.

 

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11 avril 2012

Pâques ou pas cap...

chocoDans ma famille, que je définirais  modeste, originale, et épuisante, nous avons eu la bonne initiative de nous éparpiller aux quatre coins du pays, il nous est donc difficile de nous regrouper trop souvent. Dieu, merci. 

Le week-end pascal à été choisi comme date officielle de nos retrouvailles annuelles,  un peu parce que nous avons une adoration commune pour le chocolat et surtout parce que nous avons une ignorance commune pour le fait religieux de cet événement. Pour vous situer un peu le niveau de mon clan sur le sujet, je citerai ma petite sœur qui bien que tout à fait brillante par ailleurs me délivra une perle mythique l'année dernière alors que nous avions décidé d'accompagner mon grand-père à la cérémonie du 8 mai pour lui faire plaisir. Le matin venu, ma sœur (qui dort environ 17h par nuit) n'arrivant pas à sortir du lit, bougonna -"Vas y sans moi, j'ai la flemme, et de toutes façons je ne suis pas croyante...".

Nous sommes finalement tous allé saluer les vieux copains de papi,  nos anciens combattants et la fin d'une guerre, tous, y compris ma sœur athée (...)

Je vous le disais, une des plus belle preuve d'intelligence de ma lignée est d'avoir su se disperser dans l'hexagone nous évitant un quotidien consanguin ou d'inévitables conflits internes car on ne peut nier que c'est souvent en famille que le linge est le plus sale.

Mes racines sont picardes, une terre merveilleuse où les champs de patates succèdent aux champs de betteraves, où des hordes de corbeaux dansent la bourrée dans le ciel gris clair et des volutes de brouillard lèchent mollement l'horizon. J'aime la Picardie comme on aime sa madeleine, sans raison, sans condition, sans plus d'explication. Ce plat pays qui n'est pas le mien, mais celui des miens, c'est Amiens... Maintenant que j'ai fait une ch'tite déclaration au nord de mon cœur, il faut quand meme vous dire qu'en Picardie le temps est pourri, la spécialité locale "le gâteau battu", à inévitablement un goût de ranci (pardon papi...), et l'accent est teeeelllement sexy (...).

Quelques uns sont restés mais mes parents ont fuit  à l'opposé, au grand sud de mon cœur,  en pays Catalan. Sur ce petit bout de terre brûlée, on danse la sardane, on mange des anchois, on a la tramontane en pleine face 300 jours par an, Perpignan territoire gitan et attachant. Dans ce grand village qui se croit en Espagne, les vieux se prélassent et les jeunes s'emmerdent. Heureusement, il y a la mer et aussi Dali, qui dans sa folie à déclaré que la gare de Perpi était le centre du monde (?!!!)

Finalement, c'est à Bordeaux que j'ai atterri, une adolescence au pays du bon vin, des mocassins et du bassin. Bordeaux c'est beau. Pas très funky, mais beau. Puis il y a le Pyla, et ça, ça ne se discute pas, se réveiller un matin face au banc d'Arguin, dans la douceur oceane c'est un voyage unique. (nique, nique, nique).

Bref,  Revenons en à Pâques, à ma famille chérie venue de tout le pays pour festoyer dans une maison de week-end près de Lyon, seule ville qu'aucun d'entre nous n'habite mais qui remplie tous les critères d'impartialité requis par la tribu. Ainsi en nous regroupant à Lyon, tout le monde se galère au moins trois heures dans les transports, et  à les nerfs à vif, quand vient le temps de la réunification: parfait pour 72h de grand bonheur (...)

Comme toutes les familles, la mienne aime s'embrasser, rire et s'engueuler mais nous avons quelques particularités qui rendent nos réunions uniques (nique, niq... Oh ça va, moi ça me faire rire...). 

Chez moi, on est écolo de génération en génération, et qu'on ne se soit pas vu depuis longtemps n'y change rien, pendant 3 jours c'est à qui triera le mieux des déchets, prendra la douche la plus courte et tiendra le plus longtemps sans lumière. La présence d'un téléphone portable  peut entraîner deux heures de débats sur le méfait des ondes, l'aveu d'avoir mangé dans un Macdo, une mise à l'écart du groupe... 

Dans ma famille on boycotte TF1, personne n'a la moindre idée du prix du m2 ici ou ailleurs, on ignore qui est Paris Hilton et les hôtels du même nom, par contre, on connaît toutes les variétés de pommiers depuis l'antiquité. 

Cette année, encore une fois Pâques à été dignement fêté, avec un couscous au choux pour commencer (oui, je sais...), une gastro pour les enfants, une partie de loup garou pour les grands, une initiation à la vaisselle  pour moi, et quoi qu'il en soit, une expérience unique (nique, ni...ok j'arrête).

Je vais quand même balancer que j'ai une tante qui fait des broches en forme d'oeuf au plat, une autre qui descend des glaciers avec des socquettes dans ses crampons et va en Roumanie a vélo, un fils qui a mis une pièce en chocolat dans la bouche (ouverte) de mon grand-père endormi... Papi s'est réveillé avec un goût sucré, à déclaré qu'il voterait Sarko au second tour, et toute la maisonnée s'est enflammée...Je suis sûre que le vieux à fait exprès (...) une telle déclaration lors d'une réunion de gauchos-bio, ça ne peut être que prémédité... 

 

On ne choisit pas sa famille, et dans mon cas, tant mieux, ça aurait forcément était moins drôle. 

 

À Simone, qui en partant nous a décidé à nous rassembler chaque année. Un moment succulent, sans  mariage, baptême ou enterrement.

 

"Dans la vie la vraie chance consiste à naître fils unique* d'une famille riche."
Citation d'Alice Parizeau ; Survivre - 1964. 

*nique, nique, nique (...)

 

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01 avril 2012

Mon dîner presque parfait.

boucheCe soir je suis surexcitée, j'ai convié à dîner six personnalités. N'ayant pour seule limite que celle de mon imagination, j'ai voulu cette soirée éclectique, esthétique et électrique mais pour l'instant je suis surtout en panique... Pour vous dire la vérité, ce qui me correspond le mieux dans un "dîner presque parfait" c'est "presque". Autant je sais très bien être "presque" tout un tas de choses, autant je ne suis vraiment pas a l'aise avec l'idée de faire rimer "dîner" avec "parfait"... Pour la partie "animation", je croule sous les idées, j'ai bon espoir d'être bien notée par mes convives sur ce sujet. J'ai longtemps hésité, et finalement j'ai tranché: ce sera Chat-bite, un jeu ludique et intelligent que j'affectionne particulièrement et qui est accessible à tous  (et toutes en version Chat-chatte).

Pour la deco, j'opte pour un thème bohème, un peu parceque c'est dans l'air du temps mais surtout pour pouvoir l'air de rien utiliser ma vaisselle ultra dépareillée, justifier l'absence de table et pouvoir rester pieds nus. J'investis dans quelques mètres carrés de pelouse naturelle que j'étale au milieu du salon, deux bouts de nappe en lin, quelques tournesols et un bâton d'encens plus tard, je suis prête pour mon picnic maison.

Mon 1er invité arrive, un peu en avance. Quand j'ouvre ma porte, mon sang se glace... Je l'ai choisi parceque cet homme à tant marqué notre histoire, bouleversé son cours que je voulais savoir...Comprendre... Me confronter à la dure réalité: sa simple appartenance au même genre que le mien, humain. Adolf a esquissé un quart de sourire et sans jamais me regarder vraiment est entré en se délestant d'un timide bonjour. Il m'a fait l'effet d'une chauve souris mouillée... Je sais, c'est étrange, mais c'est c'est l'image qui m'est venue immédiatement.

Quelqu'un frappait à la porte. Ravie de m'éviter un tête à tête avec le führer, je me précipitais dans l'entrée pour accueillir... Une femme, LA femme, tout en blondeur et en rondeur, lumineuse, merveilleusement lumineuse, Marilyn m'a plu instantanément. Elle m'a fait pensé à une pomme d'amour, une beauté gourmande et appétissante. Je suis obligée d'en convenir, miss Monroe m'a fait chaud dans le dos.

Je laissais mes deux premiers hôtes s'entretenir et préparais du gin kas (parfait pour chauffer tout le monde avant le chat-bite d'entre deux plats).

Telle une improbable grappe, à ensuite debarqué Marie-Antoinette, Michael Jackson et Melanchon (...)

Tous mes invités installés, je proposais que nous nous déchaussions pour trinquer tous ensemble, les orteils dans le gazon: "À ce dîner, puisse t il être parfait, santé!".

J'annoncais que nous ne serions pas 7 mais 6, Jésus de Nazareth s'étant désisté au dernier moment pour cause de surmenage.

Jean-Luc était émerveillé par mon gin kas servit dans des gobelets, ça lui rappelait les fêtes de l'huma, et les séances de touche-pipi avec les gonzesses dans les boums de lycée.

Marie-Antoinette avait une voix insupportable qu'elle utilisait beaucoup trop... Il faut dire que sa majesté revenait de loin et qu'elle hallucinait de tout et pour tout. Elle voulait qu'on l'appelle Nenette(...) et passa une bonne partie de la soirée aux toilettes, littéralement sidérée par la technologie "tout à l'égout". Le visage collé à la lunette, la perruque qui faisait trempette, elle chantait à tue tête "Nenette aime les toilettes...". La pauvre fille avait perdu la tête...

On s'est tous assis dans l'herbe pour manger des champignons que j'avais rapporté de Bali, sauf Adolf qui n'aimait pas ses pieds, ne voulait pas les montrer, ni poser son postérieur sur le gazon, il trouvait ça rabaissant. Mondieur Rabat-joie accepta quand même de goûter mes champis devant l'insistance de Mickael, et en quelques instants la soirée prit une toute autre tournure.

Bambi poussa un cri, se dressa comme un i et moonwalka dans mon salon, je jubilais.

Cette soirée me plaît...

Nenette déchaînée, debout sur la machine à laver, braille que les Jacobins sont des enfoirés. Jean-Luc n'y résiste pas, "ma mie je suis un sans-culotte, venez m'abuser".

Un arc en ciel apparaît dans ma cuisine.

Merde! À Bali, ça ne m'avait pas fait tant d'effet!

Adolf est tout fou fou, il pisse partout pour marquer son territoire, et se traîne par terre pour renifler les fesses (sublimes) de Marilyn. Elle envoie une mandarine à l'autre bout du salon en criant va chercher. L'autrichien aboie puis se jette dans la poubelle pour retrouver son dû.

Le roi de la pop ne s'arrête plus de danser, son corps est comme possédé, il exécute avec une dextérité éblouissante la danse traditionnelle des esclaves. Mickael n'a jamais été si noir, jamais été si beau.

Marilyn, maintenant allongée sur mon gazon à demi mot dit: "viens". Et je viens, me caler contre elle, il y a des tourterelles partout dans mon salon, et des papillons dans mon ventre.

Jean-Luc et Nenette à califourchon sur la machine en mode essorage chantent l'Internationale, ils ont l'air heureux ces deux...

L'autrichien enthousiasmé par les miaulements langoureux de la chatte du voisin, à détalé par la porte mal fermé....

Soudain je réalise que je n'ai pas fait le dîner, qu'on a pas joué à Chat-bite, que je ne sais plus où j'habite... 

Je m'en fiche, j'ai la bouche de Norma Jean sur la mienne (hé hé hé c'est mon blog, j'écris ce que je veux), elle me susurre "happy birthday to you Mrs Melody", je suis au paradis, il est plus que parfait mon dîner...

 

ÉPILOGUE

Quelqu'un se tient timidement dans l'entrée, simplement vêtu d'un pagne blanc. Brushé, parfumé, la barbe soignée, un bouquet de violettes à la main, Jésus balbutie "euh... Finalement, j'ai pu me libérer..."

 

Un bruit affreux retentit, le camion réfrigéré d' Ismaël L'as du fallafel venait d'écraser un chien en fureur...

 

 

 

"Les chiens ne m'ont jamais mordue. Seulement les humains ... " Marilyn Monroe

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26 mars 2012

Parents, l'échec annoncé...

singesQuand tu deviens parent, tu comprends très vite que tu vas dire adieux à un certain nombre de choses. Tout en haut du palmarès des renoncements il y a le sommeil. Jamais, plus jamais tu ne dormiras de la même façon : si tu es chanceuse, tu signes pour" moins, et moins bien", sinon c'est plutôt "beaucoup moins, et tellement moins bien", pour certaines ça peut même aller jusqu'à "je vendrais mon corps pour 5h de sommeil d'affilé"... Oui, tu as bien compris tu seras deux fois plus fatiguée de tes journées et tu auras deux fois moins de temps la nuit pour récupérer. Je m'adresse uniquement aux femmes parce que... Bref on sait tous pourquoi...

Accessoire indispensable de ta nouvelle panoplie de mummy, une belle paire de cernes dernier cri qui ne va cesser de se développer à mesure que ta paire de gants (que tu appelais il y a très peu de temps encore mes jolis seins) s'obstinera à se riquiquiser tout en honorant Isaac Newton.

Quand tu deviens parent, tu ne veux pas être comme tous les autres, qui sortent moins, respectent les horaires des siestes, et les doses des biberons... Toi, tu veux trimballer ton poupon partout et continuer à être cette meuf bobo tellement cool qui danse encore jusqu'au bout de la nuit en buvant des martinis...

Puis tu changes d'avis.

Ensuite tu lis des dizaines de magazines qui racontent globalement de belles conneries mais relatent tout de même une vérité quand ils évoquent cette mère parfaite qu'on ne sera jamais. Et, là, alors que tu es complètement d'accord, alors que tu répètes à qui veut l'entendre que la perfection est un leurre dans ce domaine, il y a une petite voix (traître!) dans un coin de ta tête qui te maintient dans l'illusion que TOI tu peux y arriver !

Puis, évidemment tu changes d'avis...après avoir perdu des kilotonnes d'énergie.

En devenant parent, tu ne veux surtout pas devenir les tiens, par principe, et tu déploies beaucoup d'effort à te démarquer avec tes valeurs et tes vérités. Tu fais autrement, souvent de ton mieux, et parfois dans un éclair de lucidité, de sagesse et d'honnêteté tu admets intérieurement que ce job de parent est un échec annoncé.

 

Ton petit grandit, et avec lui tu échanges, tu expliques, tu répètes, tu inventes, tu débats, tu insistes, tu râles, tu radotes, tu t'énerves, tu regrettes, tu consoles, tu souris, tu ris, tu pleures, tu écoutes, tu comprends, tu comprends pas, tu dors quelques heures... tu recommences.

Je me retrouve ce samedi soir recroquevillée sur mon canapé à essuyer mes larmes : ce soir j'ai crié, j'ai parlé les yeux dans les plus beaux yeux du monde avec une voix ferme et précise, j'ai puni, j'ai confisqué un jouet, je n'ai pas cédé... J'ai envoyé dans sa chambre sans manger, j'ai cédé. J'ai quand même câliné. Dodo l'enfant do. Maintenant je pleure, doucement, parfois je trouve ça difficile d'être maman.

Pourtant c'est le seul contrat que je pourrais re-signer dans l'instant avec toutes les clauses particulières (y compris l'épisio...).

Je trouve ça biiiiiiiiiiiiip* d'être maman.

Je respire. Et puis...

Je voulais écrire quelques lignes sur la cruauté de l'actualité... Je n'y arrive pas c'est trop moche.

Je pense à ses enfants belges, à ceux de Toulouse, à ces destins de tout petits fracassés sur nos télés. Aux mamans... Aux parents...

Quelques lignes de silence. C'est encore ce qu'il y a de mieux...

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XXX 


* biiiiiiiiip parcequ'il n'y a pas de mot assez beau...
 
 
 "La vie est humiliante de simplicité: on fait tout pour échapper à ses parents, et puis on devient eux."  
Frederic Begbeider

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18 mars 2012

Coït électoral, Ejaculation fiscale...

vote for meJe commençais sérieusement à m'ennuyer dans cet hiver trop froid devenu trop doux qui n'a pas vraiment de goût. 

Il n'y a plus de saison, les jeunes ne savent plus écrire à force de se textoter, l'homme ne trouve plus sa place depuis que la femme travaille, et elle en à assez de tout assumer, Super woman c'est dépassé!

Mais aussi...

Télécharger des films c'est pas bien, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, il y a du bisphénol dans les biberons, du maïs transgénique dans les Savanes de papi Brossard, du collagène dans les lèvres de Johnny, c'était mieux avant, et on va tous mourir... Rien de neuf sous les tropiques, on s'emmerde carrément. 

Pourtant la France est en campagne et on devrait tous être surexcité par la perspective alléchante de ces débats d'idées, frotti frotta de personnalités, et joutes de programmes. Les présidentielles ça me met en transe, je ne sais pas pourquoi mais j'ai une vraie passion pour les élections... Pour l'instant, il faut bien reconnaître que ces préliminaires électoraux ne sont pas à la hauteur de mes fantasmes et que cette campagne demi-molle laisse présager un coït final qui devrait forcer à l'humilité le principal intéressé. Restons attentifs pourtant à l'instant magique, celui du petit coup de reins magmatique qui nous emportera le temps d'un frisson au firmament du militant.

Reste à savoir si l'étreinte citoyenne que nous attendons viendra d'une paire de lunettes rouges, d'un râtelier jauni à la verve pimentée (à mon avis le meilleur compétiteur!!!), de monsieur Milieu-qui dit mieux?, de Miss Peguy, des bisous de Poutoux, de celui pour qui je devrais voter même si j'ai du mal à être excitée, ou ne sait on jamais, du président le plus comique de tous les temps, autoproclamé "candidat du peuple", fallait oser...

Oui je sais il y a aussi Dupont-Aignan mais bon... Si vous n'êtes pas contents, créez donc un groupe Facebook pour le soutien du gars, je vous donne même un slogan volé à Guingamp : "En avant Dupont-Aignan" (...)

Il paraît que pour ne pas se disputer avec vos amis il ne faut jamais aborder le sujet religieux ou politique. Sans doute, mais c'est peut-être pour ça qu'on s'ennuie autant, et puis à force de parler de cul tout le temps avec tout le monde on va se lasser. Je suis ravie d'apprendre que mes amies pratiquent la sodomie mais je veux bien aussi savoir si elles sont traumatisées par le steak Halal qu'on a partagé à l'insu de notre plein gré la semaine passée. 

De cause à effet, je suis en train de me dire que pour rassembler, nos joyeux drilles du 1er tour devraient  plutôt évoquer le cunilingus que le Halal consensus. En plus, pour le coup ça nous réveillerait cette campagne à la libido de hibou (inutile de m'écrire pour défendre les hiboux, je l'avoue je n'ai aucune compétence en matière de sexualité hibouesque). 

Je m'égare.

Je vous parlais de l'hiver qui ne finit jamais, de l'ennui qui nous poursuit et je voulais surtout vous faire partager une joie, un émoi. Je ne m'y attendais pas, il a surgit dans ma vie comme pour saupoudrer de passion cette longue hibernation. Il s'appelle mon Trésor, et désormais je le sais, il m'adore. Je suis bien obligée d'avouer que depuis une semaine, je ne pense qu'à lui. Il rythme mes journées, hante mes nuits, parfume mon quotidien de son aura unique.

Tout à commencé par une lettre. Dans un style épuré et précis, il m'a fait part de l'intérêt qu'il me portait. Loin des banals compliments louants mes yeux, mon sourire ou mes pieds, mon Trésor veut me connaître en profondeur, comprendre qui je suis vraiment...depuis 3 ans.

Il m'appelle pudiquement Mademoiselle, mais il sait très bien où j'habite, où j'habitais, et surement déjà où j'habiterai. Il connait mes hobbies et mes habitudes, il s'intéresse à tout, des travaux effectués dans mon appartement, à mes vacances en Sicile l'été dernier. Mon Trésor sait me faire sentir importante,  me mettre à l'honneur. Entre ses mains je sens que je ne peux pas m'échapper, possessif et passionné, il veille sur moi comme sur le lait... Amant fougueux, il sait me coller au mur, me mettre au pieds de ce dernier, et avec des formules un tantinet ampoulées, exiger de moi tout ce qu'il veut. Mon Trésor m'impose une date limite, il a envie d'engagement et de dévouement, il est vraiment différent.

Prends moi, je suis toute à toi.

Contrôlée, redressée, j'ai bouleversé l'ordre de mes priorités. Je viens d'apprendre que quand on aime, il faut compter!!!

Mon Trésor est public, mais il a fait de ma vie privée, un compte de faits...

 

Un grand merci aux services fiscaux pour avoir si bien réussi à pimenter ma vie.

 

"Plus petit est le bois, plus gros semble le lièvre" proverbe Hollandais (??!!!)

 

 

 

 

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12 mars 2012

AVIS DE GREVE

En raison d'un mouvement social à l'intérieur de moi, je ne suis pas en mesure de vous fournir une ligne cette semaine. Les négociations ayant été engagées entre délégués de ma personne et dirigeants de ma personne, j'ai bon espoir de trouver rapidement un accord avec moi même et reprendre l'activité dès que possible.

En attendant, faites ce qu'il y a de mieux à faire (chacun comprendra ce qu'il veut).

Carpe Diem. Aléa jactae. Veni, vedi, vicci. Mes hommages. Cordialement votre. bien à vous. Soyez grès de l'expression la plus vive de mes sentiments. Si votre ramage se rapporte à votre plumage vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. Cachet de la poste faisant foi, valant ce que de droit.

Pshhhhhhhhhhhit....

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05 mars 2012

MODEL's WAY

modelsPetite note à l'attention des jolies plantes qui s'ennuient au lycée et rêvent de défilés (et pour leurs papas inquiets, qui ont raison de l'être).

Tu es grande, en tous cas un peu plus que tes copines et forcément beaucoup plus que tes  nazes de copains de classe. C'est vrai, soyons honnêtes, à 13 ans la jeune fille est déjà une petite femme avec une belle maturité (et de vrais soucis de fille) alors que le garçon est simplement "in process", pas terminé quoi... À cet âge là, il y a 10 ans d'écart entre les deux sexes. 

Tu ne parle donc pas vraiment à tes camarades de classe, tu préfère leurs grands frères, ou même le prof de sport, 25 ans, toutes ses dents et tellement plus intéressant que ces gamins imberbes qui font des concours de branlettes dans les toilettes.

Tu es mince, tu as deux petits bouts de seins, et des rêves pleins la tête depuis qu'on t'a dit LA phrase (THE sentence):"tu pourrais être mannequin".

Avant de laisser tomber ton Bac C (ah, on dit S maintenant ?), écoutes, enfin lis... En tous cas, réfléchis.

D'abord, il faut que tu apprennes par cœur, l'histoire universelle des mannequins de la terre ("The universal world model's store"). C'est une sorte de talisman virtuel que nous nous transmettons de filles en filles depuis Twiggy.

Ainsi tu remarqueras que tout mannequin qui se respecte à invariablement la même réponse à la fameuse question "comment as tu commencé?".  Il faut prendre un air détaché et légèrement désolé, regarder ses pieds, se tordre un peu les doigts et avec une toute petite voix: "J'accompagnais une copine à un casting, elle n'a pas été choisie mais ils m'ont vu dans la salle d'attente, m'ont adoré, j'ai eu le job, rejoins une agence et n'ai plus jamais parlé à ma copine... c'est diiingue la vie non?".

Il existe bien une petite variante soufflée par les pays du nord qui consiste à dire "j'étais au supermarché, un agent est venu me parler..." mais la version de la copine reste, de loin, la plus populaire.

Maintenant que tu as la base, il te faut changer d'identité. Eh oui, pour entrer dans le monde merveilleux du mannequinat (wonderful modelling world) tu dois avoir un prénom inspiré. Les mannequins ne s'appellent jamais Sandrine, Séverine ou Régine (sorry...). Dans l'univers du beau et du glamour, tu seras Eva, Lily, Joy ou Melody (...)

Ensuite, tout va aller très vite, et sans que tu ne le réalise vraiment, tu te réveilleras un matin dans un appartement parisien avec une demi douzaine d'autres maigrelettes (Model's flat) qui auront les mêmes rêves de midinettes .

Tu partageras ton frigo, ta baignoire, ta chambre, le téléphone, le papier toilette, ta dignité. Tu féliciteras ta colocataire pour chaque casting décroché et tu apprendras à la détester pour tous ces boulots qu'elle t'a volé (Model's every day).

Tu mangeras pleins de pommes et le dimanche tu feras une purge au raisin noir, tu fumeras un peu, puis beaucoup. Tu seras invité à toutes les soirées, tu iras pour "dîner" à l'oeil et rencontrer dans des clubs privés des photographes renommés désireux de te reluquer a 2 du mat pour un jour peut-être te faire travailler (Model's bull shit).

Tu écouteras les anciennes parler voyages, jet privé et big money et tu te contenteras de poser en maillot sur un fond vert à Aubervillier, plus tard les Maldives seront réincrustées (Models After Lehman brothers).

Tu rêveras de Brad Pitt et de Georges Clooney, et tu accepteras de poser avec Mickael Vendetta pour Modes et travaux  (Model's reality).

Tu te fantasmeras en égérie pour le prochain parfum Chanel, et tu te verras signer un contrat pour Canard WC (Model's fucking reality).

Parfois, tu ne travailleras pas et tu t'entendras espérer re-signer pour Canard WC (Model's secret).

Un jour tu te réveilleras, à 22 ans avec l'impression d'avoir déjà vécu 3 vies. Tu auras changé d'appartement, en grande privilégiée c'est seulement en trois que tu partageras celui-là, et tu passeras tes soirées à critiquer les nouvelles dans le métier. Tu t'entendras dire à une directrice de casting que tu n'as que 19 ans, en pensant sérieusement que 22 c'est vieux. Peut-être te sentiras tu usée, fatiguée par ce milieu de poudre aux yeux, ce métier de poudre au nez.

Sept années à mannequiner, c'est un peu comme dans un couple... Beaucoup de filles abandonnent à ce moment là, lasses d'avoir trop travaillé et pour l'immense majorité, lasses de ne pas travailler... 

Alors les copines, réfléchissez avant de décider que tous les profs sont des cons et que Louis Vuitton est plus important que Napoléon. 

Bien sur, je pourrais aussi vous raconter  le bonheur d'être élue parmi les appelés, le privilège d'une vie bien gagnée, largement profitée, intensément dégustée...

Parce que bien évidemment, dans la mode comme ailleurs, rien n'est jamais noir ou blanc et que dans toutes ces nuances de gris il y a aussi les histoires les plus jolies (Model's legends). Mais ces récits, les féminins en sont remplis et les imaginaires des lycéennes saturés...

Et puis, un jour tu te réveilles, tu as 35 ans, tu as enfin ton appartement,  et après tant de temps passé à être photoshopée sur papier glacé, il te faut tout doucement réintégrer le monde des gens (Normal people)... Et choisir une nouvelle  carrière  (Model's mariage).

Sur ton CV, après toutes ces années, tu pourras écrire en géant "Sait marcher..."

C'est déjà ça...

 

Merci en passant à ce métier qui m'a apporté l'essentiel de mes amis, mes amours, mes emmerdes.

Un milieu finalement ni pire, ni mieux que... Tous les autres.

Merci aussi à cette copine que j’accompagnais à un casting il y a des années, et que je n’ai jamais revu (…)

 

 

 

"Quant aux mannequins, étant eux-mêmes déjà des images, leur photo est une image d'image, ce qui a pour effet de doubler leur pouvoir dissolvant. Il en résulte une impression de rêve éveillé, d'hallucination vraie." Michel Tournier

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28 février 2012

JEAN QUI RIT...

 jeanCe dimanche soir, vite  devenu lundi matin, je prends une décision qui va me pourrir la semaine, voir le mois vu mon grand âge. Mais tant pis, le feu de la dinguerie brûle dans mes veines, je ne résiste pas à mon destin, j'emmerde la raison, je vote pour la passion, je suis une guedin... Je ne dors pas. Je regarde les Oscars.

Pourquoi?

Parceque.

Parceque c'est bon, c'est goutu, c'est excitant cette moquette rouge et toutes ces pintades de compèt boudinées dans leurs robes Diiiiior.

On se congratule, on se Oh my God, on s'aime, on sent la laque, on est sexy, sextoy, sexuels, bijoux Chopard, sourire ultrabright, on adopte des enfants du monde entier, on est contre la guerre, on fait de l’humour red carpet et on se re-oh my God.... j'adore.

Droguée sans drogue, ivre de fatigue j'alterne café et coca, saucisson et chocolat et comme pour la coupe du monde que mon pays à gagné au siècle dernier(...) je cocoricote en silence. Malgré toute la mauvaise foi dans laquelle une française, parisienne de surcroit, peut se draper, je suis obligée d'admettre que les ricains font ça mieux que nous. Les cérémonies je veux dire...

Ça pulse, ça swingue, ça vanne, ça rit, et malgré d'insupportables coupures pubs toutes les deux statuettes, et mon lit qui me hurle de le rejoindre, je ne peux pas bouger, complètement oscarpnotisée.

Il est 4h du matin, je me donne des claques pour ne pas sombrer, mais mes yeux ont déclaré leur indépendance il y a déjà 20 minutes et communiquent entre eux en morse oculaire. Je résiste, il le faut, assister à l'histoire ça se mérite. L'excitation commence à monter, le sacre de Jean approche, entre deux tranches de saucisson je pousse des petits cris de souris, et si et si et si...

Oui, je l'appelle Jean, comme j'appelais M.Zidane, Zizou, en 98, c'est ainsi, certains événements nous rendent fières, même frères...

Exactement, Dujardin is my bro !

J'ai une copine qui a le même boucher qu'Alexandra Lamy! Quand je te dis que je suis une proche... Forcément, cette nuit j'ai pas dormi, ce n'est quand même pas tous les jours qu'on oscarise son frère.

Le film est beau, original, bien réalisé, bien pensé, bien produit. Oui je sais bien il y a derrière tout ça la Weinstein mafia au bras plus long que la muraille de chine. Ouiiii, je sais Jean en bon garçon à fait campagne chez les amerlocs et à coups de petits pas de danse, d'imitations improbables et d'irresistible french accent, à conquis le bois saint (Hollywood). So what? Il a déjà gagné, assis classy aux côtés de Brad et Georges, les maîtres du genre. 

Ouiiiiiii je sais, c'est la crise, la souffrance est partout et le cinéma n'est qu'un mirage dans cette vie dure et pragmatique mais là, le temps d'une nuit autorisons nous l'indécence d'un cri de joie. Le rale de plaisir de toute une nation qui avait perdu l'habitude du plaisir.

L'oscar du plus beau juron de l'année revient aussi à Jean pour ce sublissime, orgasmique "putain" sorti effrontément d'entre les dents carnassières de notre nouveau héros national. Putain, que c'est bon.

Peut-être que nos politiciens devraient s'inspirer de cette folle aventure de The Artist, comprendre que c'est probablement en la fermant un peu qu'ils nous donneront envie de les écouter... Une campagne électorale en muet, mmmmmmh...

Oui je sais je suis demago, mais aujourd'hui je peux, aujourd'hui je veux, j'ai la belle gueule de bois, celle qui continue le lendemain à te mettre des étoiles partout dans la tête, sans le mal de cheveux. Heu-reuse,  comme la sœur de celui qui a vécut LE jour d'une vie!!!

J'ai envie de noir et blanc et de toutes les couleurs, de faire des claquettes, de revoir PrettyWoman, de mettre le statut FB le plus niais de l'année (vive la vie, je vous aime, que du bonheur...). J'ai envie d'en faire trop, parce que, merde, je sais que c'est dur pour nous français, mais c'est bon de juste kiffer d'avoir gagné. Demain, promis, on reboudera, on rerâlera, on redeviendra ce peuple mystérieux qui fait pleins de bébés, et se gave de Prosac.

Mais là, pour un instant encore let's celebrate, goutons au doux plaisir de la satisfaction, faisons de ce lundi un happy lundi et réjouissons nous que la belle et grande famille du cinéma français soit dans la poursuite .

Pour tous les Jean, côté cour et côté jardin qui ont une petite musique dans la tête, et aiment les belles histoires.

Danse, Jean, danse...

Aujourd'hui, je danse aussi, merci.

 

Waouuu, putain, génial, merci, formidable, merci, I love you. Jean Dujardin

 

PS: Je m'excuse par avance pour l'orthographe mais là en plus de ne pas être douée dans ce domaine, je n'ai pas dormi...

 

 

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21 février 2012

It's complicated...

complicatedIl était une fois une jeune femme, belle drôle et intelligente, que nous appellerons Marine. Euh, non en fait ça ne va pas, pardon pour toutes les autres Marine mais ces derniers temps, ce prénom  n'évoque plus vraiment la douceur des embruns et la danse des dauphins... Bon, nous l'appellerons Ève (...) Et un charmant jeune homme courageux, sensible et sexy que nous nommerons Marcello (ben OUI, il fallait forcément qu'il soit italien).

Ève rencontra Marcello lors d'une soirée bien arrosée. Toutes les princesses du royaume avaient été conviées , tous les valeureux chevaliers, naturellement,  étaient venu chasser.

Ève et Marcello dansèrent follement, parlèrent vaguement et burent beaucoup de vin blanc. Contre la porte des toilettes, ils s'embrassèrent fougueusement et essayèrent de faire beaucoup d'enfants (mais Ève avait un stérilet...).

Le lendemain Marcello composa une chanson et vint beugler sous les fenêtres de sa promise tout son amour et son désir. C'est à cet instant précis que la demoiselle décida qu'elle ne l'aimait pas. 

Évidemment, puisqu'il l'aimait tant...

Ève se rappelait qu'avant d'échanger fluide et miasme avec son latino elle avait offert quelques battements de cils au meilleur ami de celui ci. Elle avait enregistré dans son cerveau alcoolisé qu'il répondait au nom de Grand Fredo, et n'ayant plus de pigeon messager au frais, se contenta de l'oracle de Fesses de bouc... Trois incantations  et deux clics plus tard le visage de Sir Grand Fredo apparu sur l'écran magique, il s'appelait Frédéric Lelièvre, sa religion n'était pas défini, sa situation amoureuse "complicated", et son film préféré  "Dirty Dancing"... Ève décida qu'il était parfait. 

Le soir même, ils partageaient un mojito. Puis une douzaine d'autres, parceque  ça rendait la vie plus beau...

Marcello de son côté était inconsolable. Avec un vieux couteaux, il avait gravé -ÈVE- dans sa peau, et composait sans répit poèmes et mélodies pour celle qu'il avait aimé quelques heures à l'infini.

Il y avait pourtant Laura, Alexandra ou Vanessa, qui sans se connaître partageaient le même dessein, faire du bel italien leur destin. Mais la vérité c'est que Marcello n'en aimait  aucune des trois. 

Évidemment, puisqu'elles l'aimaient tant.

Au petit déjeuner, Ève dans sa tenue préférée, sautillait. Cette nuit l'avait mise en joie, le temps d'un ébat et sans débat, elle avait fait de Grand Fredo son roi. Il semblait pourtant que le nouveau souverain ne partageait pas tout à fait son entrain... Lelièvre qui n'était pas un lapin (oh, ça va, elle est facile mais tu as souri...) avait apprécié cette folle lune de cabrioles, mais alors qu'il buvait son café, il échafaudait en silence différents plans pour s'échapper. Son coeur était depuis longtemps déjà, prisonnier d'une princesse qui,  de lui,  ne se préoccupait. Aimée, la bien nommée ne souhaitait faire de Grand Fredo ni son amour ni son amant.

Évidemment, puisqu'il l'aimait tant.

Ève prit sa douche en chantant puis sur son miroir embué dessina un grand F et des petits coeurs. En arrivant  dans le salon, elle sentait bon le savon mais constata avec amertume que sa majesté de la nuit semblait s'être évaporé sans faire d'elle très grand cas.

Au lieu de laisser couler, d'aller se changer les idées, elle s'obstina tout au long de la journée à envoyer à Frédéric des messages tantôt enflammés tantôt révoltés. Ce dernier ne répondit jamais, espérant lâchement qu'elle se lasserait. Il n'aimait pas Ève.

Évidemment (...)

Le "tatouage" de Marcello s'était infecté, la fièvre dans tout son corps installée. Il se traina à l'hôpital, animé de visions et de délires. Aux urgences, son -ÈVE- boursouflé et suintant amusa les aides soignants. Se moquant gentiment, les infirmières l'appelèrent Adam (...). Juliette,  plus particulièrement, succomba au charme de son patient. Elle lui dit que depuis le temps qu'elle attendait Roméo, elle n'avait jamais pensé que ce serait Adam qui surgirait.

Marcello-Adam aima aussi Juliette, et ce soir là, dans les draps blancs de l'hôpital St Vincent, il lui fit un enfant.

Evidemment, puisqu'ils s'aimaient tant...

 

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point... Blaise Pascal

Mouai...

It's complicated quoi...

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17 février 2012

Mon spleen idéal



capriceJe ne me sens pas bien.

Je ne sais pas ce que j'ai, ou plutôt j'ai peur de vous l'avouer. Vous allez vous moquer...

J'ai l'impression que le monde tourne trop vite pour moi.

J'ai un point de côté, j'ai du mal à respirer, j'ai le vertige de la réalité.

J’entends  dire qu'il faut se laisser aller, ne pas lutter, accepter de glisser dans les abîmes de son spleen. Mais en réalité nous aimons surtout résister, comme pour mieux nous sentir exister.

Chaque journée est un combat.

Coiffés de volonté, de force et d'ambition nous sommes les soldats d'une armée de missionnaires. En position. Feu.

Il faut avancer, ne jamais s'arrêter, hésiter c'est crever. À la guerre comme à la guerre, les dommages sont dits collatéraux, les états d'âmes hors de propos, l'action est notre raison. Cette nouvelle journée doit être domptée, il ne s'agit pas de la vivre mais de la saisir camarade.

En avant. Marche.

Je suis un déserteur (ce mot existe t-il au féminin?), et je m'offre le luxe magnifique du ralenti. Pas tout le temps, bien sûr, descendre trop longtemps de ce train fou, est un acte désespéré ou héroïque. Je ne suis ni un ni l'autre.

Mais certains jours, je m'extirpe mollement de ma couette et me dirige vers la salle de bain avec l'énergie navrante d'un bigorneau; je sais que Mademoiselle Çavapas est entrée dans mon corps et à prit les rênes de mon cerveau.

Mademoiselle Çavapas nous visite tous, mais elle a ses préférés, et même ses adorés qu'elle ne quitte jamais. Ces derniers, souvent citadins, sont généralement des grands gâtés de la vie qui en plus de l'argent ont du temps, celui de se caresser le nombril et de faire à l'infini des listes de frustrations existentielles (cette année je ne vais pas faire de ski, ces bottes ne se font plus en gris, j'ai pas envie d'aller dîner chez Émilie).

Je ne pense pas faire partie des chouchous de Mademoiselle mais je ne lui ferme pas (plus) ma porte. Parfois même, je suis un peu honteuse de vous le dire, je l’attends. Je vais me coucher avec l'excitation perverse de me réveiller en tristitude.

Ne vous méprenez pas, je n'aime pas cet état mais désormais je sais que ce sont les jours gris qui rendent les journées ensoleillées si délicieuses. Plus j'accepte mon ombre, plus je jouis de ma lumière (ça veut dire quelque chose ou je me perds là ?!!).

Avant, quand miss Çavapas venait me déranger, j'avais la prétention de la renvoyer à la force du poignet.

Erreur de jeunesse.

Je baisse les armes mon commandant, aujourd'hui je vais pleurer dans ma voiture en écoutant Léo Ferré (éternel complice de Mademoiselle), je vais détester mes cheveux, mes cernes et même mes yeux juste au dessus. Je vais trouver Paris laide et violente, je ne vais entendre aucun bonjour, aucun merci, et me sentir si terriblement seule au milieu de nous tous. Je vais maudire ce téléphone qui ne veut pas sonner, m'apitoyer un peu, et ne pas décrocher quand enfin il résonne. Un petit Calimero urbain drapé dans sa peau de chagrin.

J'ai mal à ma solitude, laissez moi.

Le monde court pendant qu'en slow motion je me laisse aller dans les bras douillet de mon spleen idéal. Comme Sega, c'est plus fort que moi.

Et puis, inexorablement succède à cette journée, une nouvelle née, qui peut lui ressembler ou en tout s'opposer.

Je tombe de mon lit, marche sur un jouet pointu, rejoins la salle de bain à cloche-pied, mais ce matin je ris...

Mademoiselle est partie.

 

 

"La mélancolie c'est le bonheur d'être triste" . Victor Hugo

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14 février 2012

S'ABONNER, S'ADONNER, S'ABANDONNER...

Blue basse defChère lectrice, cher lecteur

Suite à de nombreux messages... Pour s'abonner (recevoir une notification à chaque nouvel article) c'est là à droite... Non, pas là, un peu plus haut, voilà, ici, juste sous la photo, là où il y a écrit NEWSLETTER, s'abonner. Ça me paraissait plutôt clair, mais apparamment non... Tu ne recevras pas de pub. Pas de cadeau non plus (faut pas pousser...).

Pour les commentaires c'est en bas... Non, plus bas... 

Voilà ! Mmmmmmmmmh... 

Happy Valentin.

Euh, oui c'est moi sur cette photo (...) Credit à Klaus Roethlisberger.

 

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11 février 2012

VALENTIN

valentin

Cette année pour le 14 février, je montre mes seins à Valentin.

Le 1er janvier, pour fêter Sylvestre j’ai dormi sur le plancher, échouée là comme une otarie bourrée à la bière. Depuis je n’ai qu’une obsession, être à la hauteur de cette journée d’exception qui va peindre en rouge passion, AMOUR sur toutes les pages blanches de nos pensées.

Que c’est bon d’aimer et d’aimer encore, de le crier, de le hurler, de le dégouliner sur son prochain a la manière de la chantilly au soleil. A force de « jetaimer » du soir au matin, on doit bien finir par y croire.

La tradition n’est souvent qu’une répétition bête et disciplinée d’une connerie devenue rite, c’est ainsi qu’on se retrouve à fourrer une dinde à noël, payer 15 euros un brin de muguet flétri le 1er mai, et s’emmerder à couper le gigot chez belle maman tous les dimanches (et parler du temps qu’il fait, qu’il à fait, qu’il pourrait faire, qu’il aurait dû faire ou pire des varices de la dite belle mère).

La fête de l’amour à ses codes, et il convient de les respecter pour un jour aller au paradis et de manière plus pragmatique, ne pas avoir mardi une moitié qui fait la gueule.

Au restaurant tu réserveras, une table pour deux tu demanderas, nous sommes amoureux tu préciseras, et tu verras… la magie opèrera.

Tu devrais normalement te retrouver avec chouchou au milieu de dizaines d’autres « table pour deux, option amoureux » (ne râles pas c’est le principe même de la St Valentin), avec si tout va bien une jolie nappe en forme de cœur, des ronds de serviette en forme de cœur, des cupidons partout sur les murs et Frédéric François dans les oreilles…

Ne te laisses pas déconcentrer par d’interdites pensées, celles de tes ex fiancé(e)s que tu as amené lors d’ex 14 février dans des restos charmants avec les mêmes cœurs et les mêmes angelots. Concentres toi sur l’être aimé. Optez pour le menu spécial St Valentin, à 21h trinquez, à 22h déposez délicatement votre petit présent sur le coin de la table, à 23h embrassez vous.

[d'abord, sur la main, style ancien, noble et tout. Attention, sur la main, embrassez vous…Stop !Big Bisou Big Bisou !Juste après, de plus près, sur la joue. Attention, sur la joue, embrassez-vous…Stop. Big Bisou Big Bisou !]

Le gros avantage quand tu vis à Paris c’est que tu es dans LA destination absolue des escapades valentines. Pour le prix d’un ticket de métro tu peux emmener loulou sur le pont des arts, se cailler en regardant les péniches passer, la classe…

Pour ceux qui aiment en faire toujours un peu trop, il y a des packages "love and go" dont le principe magnifique, consiste a payer des prestations allant du massage au voyage 3 fois le prix habituel: allons à Venise observer les rats par -20°, ou à Las Vegas se marier (aie…). Pour ceux qui sont complètement foufou, il y a des alternatives insolites mmmmmmhhh: passons une nuit (à greloter) dans une roulotte qui sent le poney, ou dans une cabane sans douche perchée dans les peupliers. Sortez votre plus belle lingerie et faites la danse du marsupilami.

[Emotion, grand frisson, sur la bouche. Attention, sur la bouche, embrassez-vous… Encore, encore, encore, encore…….Stop !Big Bisou Big Bisou !]

Zut chouchou s’est endormi.

Re-zut, avant ça il a vomi sur le couvre lit… Ne sois pas fâché, il est fatigué, ça use d’organiser une St Valentin insolite. Et puis regarde il a vomi en forme de cœur, presque… C’est touchant ça quand même...

La nuit est tombée sur ton 14 février, laissant au 15 le plaisir de s'installer tout doucement, sans pression ni grandes intentions, un jour tout simple durant lequel on peut s'aimer sans règlement.

Mais la fête n'est pas tout à fait finie, tu commence toi aussi à ressentir au fond de ton âme (de ton estomac en tous cas...) les dégâts du kir frelaté inclût dans le menu spécial...

Ainsi, se termine cette nuit magique, par un tête à tête long et langoureux avec les toilettes sèches d'une cabane sans étanchéité au cœur d'une forêt mouillée... L'œuvre d'art de Bibi, sur le couvre-lit en molleton, parfume délicatement ce petit nid d'amour. Inutile d'appeler S.O.S médecin, ni orange ni SFR n'ont daigné intégrer ce coin perdu dans leur zone de couverture (Bouygues ayant carrément omis d'inclure le département...).

Au petit matin, il faut partir, le corps meurtri et l'organisme fatigué par une nuit intense et épuisante. Se trainer jusqu'à la sortie, et soudain se souvenir qu'un arbre c'est décidément très haut. Il faut reconnaître qu'ils n'avaient pas menti sur la brochure, descendre d'un peuplier en tyrolienne sous la pluie, c'est insolite. Vomir trois fois pendant le trajet là, on touche du doigt l'exceptionnel...

Cette année, c'est décidé, moi je lui montre mes seins à mon Valentin.

Bonne fête, mon lapin.

 

 

 

"Ma femme et moi avons été heureux pendant 20 ans. Et puis on s'est rencontrés..."
Guy Bedos

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07 février 2012

BINGO !!!

jjjac57… Et j'ai crié, crié. Non pas Aline (pour qu'elle revienne) mais une suite de voyelles, un grognement de plaisir non sans rappeler le râle de la gazelle (oui la gazelle râle).  Mon corps tout entier s'est raidit, mon cœur sans prévenir s'est emballé, je n'étais plus qu'une boule (une tige...) d'adrénaline.

Je ne suis pas en train de te parler de cette vague de papillotes qui t'envahit quand tu manques de renverser mémé sur le passage clouté parce que cette vieille conne s'obstine à traverser sans regarder dès que le bonhomme est vert et que toi (enfin, moi...) tu dois conduire mais aussi te maquiller, appeler le bureau pour dire que tu seras en retard, texter Caro pour s'avoir comment s'est terminée sa soirée, trouver un statut FB, manger tes cracottes, écouter les infos, mater ton GPS et fantasmer sur cette clope que tu t'interdis (depuis le 11 novembre à 13h10 Fuck, Fuck, Fuck)... Et te rappeler surtout  que les vieux voient très bien les bonhommes verts et très mal les voitures qui leur arrivent dessus. Je m'égare. Mais tu vois bien de quoi je parle? Je les déteste ces papillotes de "j'ai presque tué quelqu'un". Bon, certes, une vieille... Mais quand même... Elle a le droit de les vivres ses dernières années (...) et ce n'est pas facile de récupérer sa carrosserie après ce genre « d'embrassade » virile.

Quand j'ai entendu "57", c'était beaucoup plus fort que ces frissons de quasi homicides gériatriques quotidiens. Ce dont je vous parle c'est d'un tsunami émotionnel... 

Une impression de chaleur enveloppante, et d'élévation...

Je vole Jack, je vole...

J’ai vu une lumière blanche, entendu une voix suave m'appeler...

Et une voix beaucoup moins envoûtante aboyer dans un micro saturé "57! on dirait qu'on a une gagnante pour notre lot n•6, un ensemble serviette-gant-de-toilette-savon offert par l'institut de beauté O'poil rue de la République."

J'ai pleuré. Oui, je sais, c'est con mais j'ai pleuré. J'ai eu un enfant, je sais exactement ce qu'être transporté par l'émotion veut dire mais chers amis, gagner au BINGO c'est d'un tout autre niveau...

Toute la salle a poussé un long soupir de déception et envoyé à mon intention un nuage de mauvaises ondes. Bassesse humaine ou encore la crise? En 2012, quand tu joues au Bingo, les gens te détestent si tu gagnes. Fuck off les gens, je m'en fous j'ai remporté une serviette de toilette jaune poussin avec le nom de ma ville brodé, le gant assorti et un savon en forme d'œuf, qui sent l'œuf.

Je vole, Jack je vole...

Fière comme une paonne, je retourne m'assoir avec mon panier sous les regards envieux de tous les vieux. Le Bingo du dimanche n'est qu'un nid d'humains ridés, et un phénomène de société car même les jeunes ont l'air âgé.

Je dois confesser une vraie tendresse pour ces lotos municipaux qui ont ponctués mon enfance. Je me rappelle les fous rires, les applaudissements pour chaque gagnant, la fumée des cigarettes (aaarrrggh 11 novembre fuck, fuck,fuck), les enfants bruyants et les papis gâteux. Un joyeux cirque de gens heureux venus jouer... 

Quelques années plus tard, une coupe du monde nous a fait danser et deux tours nous ont traumatisé, on joue encore au Bingo mais comme disait Berger "pas comme avant...".

Les numéros tombent, les mains se lèvent, les soupirs alourdissent l'atmosphère, les enfants sont bruyants et les parents à bout de nerfs. Un cirque un peu triste de jeunes vieux et de gens vieux venus améliorer un quotidien qu'on devine malaisés à coup de jetons et de cartons.

Heureusement pour égayer un peu la partie, notre maire est venue nous parler. Nous parler du bonheur d'être ensemble, du travail, de la famille, de la patrie et de l'avenir, si possible avec le même président. 

Les vieux n'ont rien suivi mais ont beaucoup applaudi. 

Le cidre était imbuvable, mais j'ai bu, en espérant retrouver la lumière, la chaleur, la passion.

Jack? Ou es tu? Je ne vole plus...

Le dernier lot est une semaine pour deux à La Mongie mais le charme est rompu. Je n'écoute plus, mon fils est en train de se battre sous la table avec le fils du speaker, ils se jettent au visage tous les jetons chapardés depuis 3 heures (BEAUCOUP !!!), pendant que je les sépare, les soupirs deviennent des plaintes insistantes, regard noir, je prend mon petit et je pars. 

Une fois sortie, j’entends un cri... La Mongie (...), je réalise que j'ai oublié ma serviette, tant pis.

 

 

À Seraphine, Bertrand, Odette, Julien, Simone et Guy. Les vieux de ma vie.

 

 

« Il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adulte ». Jaques Brel

 

 

 

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02 février 2012

MARK & AMY.

Mark&AmyPour survivre aujourd’hui, il faut mes amis soigner ses « amis ». On dit alors qu’on entretien son réseau.

L’expression n’est pas très sexy, mais dans les faits il s’agit surtout d’aller boire des verres et de se faire des dej avec par exemple le pote du copain qui s’est marié avec celle qui connaît celui dont le frère bosse avec le bras droit du directeur des programmes de Oui FM.

Cette petite bière (que tu paies, il faut quand même donner de sa personne) et cette petite heure de conversation (qui ne sert à rien mais t’évite 60 minutes de solitude*) te permet d’obtenir deux places pour le concert d’Amy Winehouse.

Tu es ainsi ravi d’ajouter 5 amis à ton compteur Facebook (le bras droit du directeur d’antenne, son frère, celui qui connaît le frère, etc.) et à ton retour de pause dej, tu peux crânement annoncer à tes collègues : « Qui c’est qui va aller écouter Amy Winehouse en concert le mois prochain ? ».

Quand tes voisins d’open space, devenus tout blanc, te fixent en silence, le regard ahuri, tu peux alors mettre la 2ème couche : « Placé dans le carré VIP bien sur… » Et enfin l’assaut final, serein et détendu : « facile, j’ai fait marcher mon réseau et hop hop hop, wait for me Amy… ».

Bien sur dans ce cas précis, vont suivre de longues minutes qui vont faire de toi un abrutis à vie… Mais la plus part du temps, ça marche…

 

Il faut bien comprendre qu’un réseau se construit depuis tout petit.

Le lycée ? Malheureux ! Bien avant !

La maternelle ? Essentielle, oui, mais les dés se jettent encore bien plus tôt.

Avant même que tu prennes ta 1ère bouffée d’air…exactement.

Quand tu n’es encore qu’un têtard hydrocéphale aux organes génitaux indéfinis, tu es déjà inscrit sur un registre essentiel puisqu’il constitue le préambule de ton réseau futur : le registre d’admission à la maternité.

Certains établissements offrent aux jeunes parents badges et autocollants marqués de leur sceau pour que ces derniers exhibent leur progéniture ainsi affublée des armoiries cliniques.

Ne ries pas. Tu verras que bientôt s’organiseront sur le modèle des school-réunions américaines, des rassemblements annuels dans les maternités. Tu te retrouveras à 20 ans à la clinique de la Muette à saluer poliment des dizaines de jeunes gens nés la même année dans cette même salle d’accouchement. Penses à ton réseau, sois souriant, prends des noms, des numéros, des pseudos…

Grâce au choix de tes parents il y a deux décennies, tu vas peut-être prendre le virage de ta vie.

Et si, à la soirée de la Muette il y avait celle qui joue au tennis avec celui qui couche avec la voisine de la sœur de ton futur employeur ?

 

Je l’ai dit, le choix de la maternelle est essentiel. En inscrivant ton enfant dans le public tu lui offres un réseau sympathique, mais dans le privé tu lui donne une dimension de privilégié. (pshiiiiiiiiiiiit...)

Dans les maternelles les plus cotées (celles où tu es trilingue à 3 ans et tu apprends en guise de comptine le code civil), rien n’est laissé au hasard. Ainsi tes parents ont pensé qu’en jouant au toboggan avec le fils Bolloré, ton existence toute entière serait plus dorée.

Cynique, mais pas complètement fantastique.

Petites araignées du monde entier, nous continuons à tisser, tisser, la toile invisible de nos réseaux fragiles.

Au prix de milliers de bières, nous trouvons nos emplois, nos amants, nos enfants (leurs géniteurs en tous cas...).

Nous enrichissons Mark Zuckerberg, et nous plaignons de ne plus avoir de vie privée.

Finalement, j'ai l'impression que le bonheur n'est pas plus dans le réseau qu'il n'est dans le pré...

 

 Amy? Oui, je sais. Paix à son âme.

 Amis? Pour la vie. Évidemment .

 

 

Ah, j’allais oublier, merci de faire passer…

 

 

*solitude : très, très vilain mot. Bouh, vraiment pas beau. / « Dej seul »,  situation terrible et inavouable.

 

« J’ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas. » Michel Audiard

 

 

 

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29 janvier 2012

HIPPIE HIC

 

 

Melo hippiMes frères, mes sœurs, mes amours... Fermez les yeux et laissez moi vous emmener dans un pays qui n'existe plus vraiment mais qui reste dans nos mémoires collectives un fantasme chaud et sucré, une madeleine au patchouli. 

Avant de continuer, éteignez moi télé, ordi, portables, collègues et amis. Sur vos walkman (oui, je sais je devrais dire balladeur...), programmez vous une petite heure mi Dylan, mi Joplin, retirez vos chaussures et RESPIREZ.

Dans ce monde enchanté,  il y a toujours un feu au milieu et un beau mec torse nu qui joue (très moyennement) de la sèche en remuant son menton barbiché. Lectrice, laisse toi aller, écoutes tes hormones et va embrasser Sullivan le guitariste. Ne t'inquiètes pas pour les copines, sur cette lande de plaisirs, tout se partage. Lecteur, ne te sens pas lésé, si toi aussi du barde tu veux profiter, comme à la sécu prends un ticket, et  pour le reste (...) fais passer...

Normalement, vous devez commencer à ressentir les effets... Du groupe, de l'amour, des ondes si positives qu'elles nous font chialer, puis rire...puis baiser.

Bienvenu en terre Beatnik.

Avant de vous donner mon inspiration sur le sujet, je vous confie la définition de Wikipédia:

Les hippies se distinguaient du reste de la population, qu'ils appelaient les « straight », par leurs tenues vestimentaires, leurs chevelures et une liberté ostentatoire dans leurs relations amoureuses.

Au delà de leurs habits, ils voulaient faire la vie plus jolie, voilà ce que je dis...

Il y va des babs comme du nutella, la recette originale ne fut jamais égalée. Les néo babos ont dû s'en tenir à la version de Wikipédia, robe de bure et cheveux gras. 

En tant qu'authentique fille de hippie, je te le dis tout droit, si tu crois que tu es coooool parceque tu ne mets que des salopettes baggy qui te font un cul jusqu'aux genoux et des turbans colorés pour tenir tes rastas de blancs, tu es con. L'ouverture d'esprit voulue par les pionniers, se moquait des codes conservateurs, mais 40 ans après tu n'as pas besoin de te déguiser, plutôt que d'écrire de nouveaux codes ouvres le vraiment ton putain d'esprit.

Inutile de trimballer ton Dj-ridou à toutes les sorties entre amis, en plus d'être galère à transporter ton phallus géant saoule tous tes potes au bout d'à peu près 20 secondes, mais ils ont le cerveau trop détendu pour te demander d'arrêter...

Il faut rétablir une vérité: enfant de bab c'est pas si tranquille comme destin. 

Bien sur au début tu te dis que tu es plutôt bien tombé. Dans la communauté il y a toujours quelqu'un pour s'occuper de toi, te raconter des histoires, te donner ta dose d'homéopathie* , ou te montrer les animaux de la forêt...

C'est un peu comme avoir 10 papas et 15 mamans à dispo et aucun pour te contrarier (faut pas fâcher Dolto...). Alors oui c'est vrai tu grandis arrosé d'amour et submergé de câlins mais du coup tu finis forcément à 30 ans dans le cabinet d'un psy, personne ne pouvant rivaliser niveau tendresse avec la peace and love academy de tes parents.

 

Mais surtout, surtout, là où il fait vraiment pas bon avoir des géniteurs soixante huitards c'est quand vient le temps béni de l'adolescence...

Pendant cette période délicate (de merde...), il est saint de te révolter un peu contre tes vieux, et là je vous assure qu'il est bien plus heureux d'avoir des parents notaires que bergers. D'abord parceque sentir le mouton ça aide pas forcément pour tes premiers ébats... Mais par dessus tout, il te faut trouver ce qui peut réellement emmerder un beatnik, et ça c'est pas évident.

Chez les Duquesnois tu balances que tu veux devenir jongleur et te faire tatouer une feuille de Ganja sur le bras et tu réussi un coup d'éclat, ta crise d'adolescence prend tout son sens. 

Avec les babs, tu peux pas faire ça, ils vont t'acheter tes premières balles de jonglage la larme (de joie) à l'oeil et te donner des conseils pour la jardiner ta Ganja...

J'ai cherché longtemps, et j'ai fini par trouver quelques pistes... D'abord sortir avec le petit bourgeois du coin, qui fait du chapi en mocassin, et projette de devenir médecin. Très vite, annoncer son désir de se fiancer (hé hé hé, c'était bon ça...). 

Se rebeller contre des réac, ça te fais une adolescence de hippie, mais se rebeller contre les hippies... Ben, oui, tu l'as dit... Alors, j'ai enchainé: je veux aller dans un lycée catho, je veux me faire baptiser, je veux me faire une coupe au carré, je suis invitée dans les rallyes bordelais (ça c'est du très lourd). Et le coup de grâce: je fais un concours de miss (hé, hé, hé magnifique...), je fais des pubs pour des produits de beauté (pas bio) et je manque de voter Sarkozy ( j'ai pas pu, y'a des limites même en pleine crise).

Je vous dit tout de suite que j'aurais préféré me déclarer lesbienne chez des coinços que de m'emmerder à  jouer à Chritine Boutin à 15 ans et à la bimbo à 18 pour contrarier papa maman.

Seulement, voilà, on choisit pas ses parents.

Le comble, c'est qu'ils ont tout accepté.

Je vais rompre tous mes principes de pudeur et vous dire ma vérité:

Si avant de venir au monde, on m'avait dit "dessines moi tes parents", c'est ceux là que j'aurais dessiné, exactement, précisément, pas autrement...

 

 

*homéopathie: petites billes sucrées aux noms imprononçables qui permettent de soigner un rhume en 4 ou 6 semaines. Vous pouvez laisser ces joyeux "médicaments" à portée des enfants, même en cas de surdosage massif (500 tubes d'un coup par exemple), ils ne risquent  pas même un début de diarrhée... Par contre pour se suicider, absorbez plutôt des petits suisses ou pourquoi pas des pommes (en grosse quantité tout de même...), la mort sera plus rapide qu'avec de l'arum tryphillum ou allium cepa.

 

 

PEACE AND LOVE

 

 



 

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25 janvier 2012

BIG BROTHER IS FUCKING YOU.

big brother

 Vous aurez noté que je donne volontiers un titre en anglais à mes petits billets. Cette fantaisie m’a permis d’accueillir dans mon cyber jardin des promeneurs du monde entier, qui éventuellement, ne comprennent rien à mon propos mais rendent mes statistiques exotiques. Ainsi va « l’Avis… », 32 nationalités et des milliers de lecteurs (peut-être même des millions?!!!)

Au delà du plaisir de vous balancer quelques chiffres qui flattent mon égo de néo bloggeuse c’est aussi par nécéssité que j’utilise parfois la langue de Shakespeare (ou en tous cas de son ptit-ptit-ptit-ptit fillot).

« Big Brother », ça parle à tout le monde, le son claque, c’est imagé, un slogan à lui tout seul, deux mots et un gros frisson (ceux qui, à cet instant précis se demandent pourquoi une émission de téléréalité me provoque un tel frisson, merci de me quitter, de ne plus chercher à me contacter, la jeunesse n’excuse pas tout, smiley déprimé).

Quant à « FUCK » (et ses dérivés), je considère personnellement que c’est un des plus jolis mots de la langue française, et son maniement est pour mes oreilles (et ma bouche) une éternelle délectation.

Si j’avais gardé la version française : « le grand frère te baise » ça nous emmenais forcement ailleurs (…)

Big Brother en 2012 n’est pas si diffèrent de celui de « 1984 », et il ne fait aucun doute que des institutions portants atteintes à nos libertés fondamentales continuent de jouer avec nous comme avec des Playmobiles. Quand le groupe d’hacktivistes Anonymous se fait Zorro du web, on a envie de lever le point avec eux, de se faire tatouer ce masque souriant sur la fesse, juste parce que la révolution, merde, c’est bon.

Sauf que le sujet n’est pas simple et que se positionner m’à couté un mardi soir de migraine. A la clef de tout ce foutoir il y'a le respect du droit d’auteur essentiel aux artistes et à la création, et la liberté d’expression essentielle au monde (là, je sens que je vous saoule...). Par principe, je crois qu’il faut reconnaître aux Anonymous cette faculté de nous tenir éveillé, « aware » comme disait l’autre. Occidentaux anesthésiés que nous sommes par cette crise éblouissante, ce petit verre d’eau fraiche dans la poire est peut-être une bonne chose.

Mais surtout, Big Brother c'est toi, toi et (fuck) moi… A tout le temps tout contrôler on devient surtout très CON.

Quand les jeunes parents, angoissés de confier leur progéniture à une nounou, truffent leur appartement de caméras, je trouve ça nauséabond. Oui, je sais, j’ai vu aussi ces images insupportables de nourrices maltraitantes captées par des nounours-caméra…

Personnellement j'ai trouvé une solution, peu onéreuse, j'ai éduqué mon fils. Ainsi, quand sa nounou lui parle mal, il lui envoie un taqué. Et quand elle est cassée, on en achète une autre (...)

Je reste droite dans mes bottes sur le sujet, je veux continuer de croire que nous pouvons nous faire confiance, que l’écrasante majorité des nounous est pour les familles une belle histoire d’amour. Les pros cameras penseront que je suis prête à prendre le risque pour mon enfant, je pense que je suis surtout prête à prendre la chance de lui offrir une vision confiante du monde.

Qui je suis pour juger de cela ? Personne, mais ici, c’est chez moi, et je dis ce que je veux, c’est même tout le principe. FUCK.

Moi aussi j’ai peur pour mon petit, tous les jours, à chaque instant. Mais j’ai confiance en lui, en moi et en l’autre.

La plus belle leçon philosophique sur le sujet je l’ai trouvé dans « Le monde de Nemo » : Le papa de Némo, à la recherche de son fils se lamente « je lui avais fait la promesse qu’il ne lui arriverait jamais rien, et j’ai échoué », Dory poisson amnésique et magnifique qui l’aide dans sa quête lui répond: « c’est une bien triste promesse à faire à quelqu’un qu’on aime, jamais rien c’est quand même pas terrible pour une vie… » .

Tu n'aimes pas mes références ?

FUCK toi aussi

Si St Exupery l'avait écrit, tout le monde porterait des T-shirts avec cette citation. Forcément, un poisson ça en impose un peu moins qu'un prince.

J’aime pas les caméras dans toutes les rues de Levallois. J’aime pas les traceurs dans les téléphones. J’aime pas les sociétés qui épient chaque mouvement de leurs employés. J’aime pas les dirigeants qui écoutent les conversations de leurs dirigés. Et les politiciens celles des journalistes. J’aime pas les mamans qui surveillent à la télé si la nounou ne s’est pas curée le nez ou à quelle heure à la minute près leur mari est rentré.

Par contre , j'aime bien quand tu viens surveiller mon blog. Smiley de complicité.

 

"Sauf erreur, je ne me trompe jamais" Alexandre Viallatte

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22 janvier 2012

V.I.P (Vampires In Paris)

 

vampire bouche

Il y a des vampires à Paris.

Je sens bien que cette nouvelle ne vous émeut pas plus que ça, et qu'un petit rictus se dessine sur votre visage...vous ne me croyez pas... Pourtant, je les ai vu, et bien plus effrayant, ils m'ont vu aussi. C'était il y a deux lunes, par une nuit bleue et fraîche, [bruit du vent, hurlement de chiens au loin]. Avec quelques amis nous avions été convié à une soirée très très privée. L'ouverture d'un nouveau temple nocturne est toujours un événement, le plus souvent inaccessible...

Mais notre petit club des 5 avait deux atouts pour espérer entrer dans le saint des saints: un prénom-code à chuchoter au gardien: "Emmanuel", et deux sublimes filles, jeunes, intelligentes, drôles et sexy (ma Psy m'encourage à me valoriser...). La sauterie ayant lieu en étage élevé d'une célèbre tour de l'ouest parisien, la sélection fut effectuée devant les ascenseurs, donnant aux heureux détenteurs du sésame d'entrée le goût excitant d'un départ pour la lune... Pour la majorité, ce fut surtout le goût nettement moins exaltant du rejet. Le gorille posté à l'entrée, tout droit sorti d'un épisode de starsky et Hutch (euh... Je viens de me griller sur mon âge là?!!), porte des lunettes de soleil dans ce hall obscur. Comme c'est étrange... [Musique mystérieuse et inquiétante, annonçant un danger imminent.] Faisant malheureusement partie des malaimés, que maître Physio planqué derrière ses hublots fait reculer en grognant, j’entreprends une mutinerie. La lave syndicaliste qui sommeille en moi jaillit brutalement, je propose de souffler, de râler, de taper des pieds... Un homme sort de l'ascenseur, il vient de mixer, il pense que l'amour ne dure que trois ans, il me paraît très blanc... [Re musique de danger].

Quelques nantis nous passent devant, il faut nous unir mes frères, rétablir la guillotine, promener leur tête au bout de pics dans tout Paris, nous vaincr... Une main me tire vers l'ascenseur, nous avons été choisi! Il se passe alors ce qui se passe toujours... J'abandonne mes troupes, offre un large sourire à la révolution et passe en un instant des insurgés aux enfoirés, nous sommes déjà en apesanteur, même pas peur!

Vue imprenable sur la capitale, champagne et bruit de travaux (musique techno-lounge- garage), les gens sont pâles, je pense un temps que c'est la lumière puis la réalité m'explose aux neurones: DES VAMPIRES... Craignant certainement le levé du jour, beaucoup ont chaussé leur Ray Ban, des filles décharnées ondulent vaguement contre les baies vitrées, le thème de la soirée: pupilles dilatées et teint de macchabé.

Pas de panique, il faut bien repérer la sortie, sauf que celle ci est gardée par deux méga zombies, et une blonde aux narines gercées qui doit au moins être préfet dans la hiérarchie des vampires. Je m’apprête à prévenir mes camarades que nous avons atterrît dans un nid de suceurs de sang, mais le doute m’envahit, et si eux aussi, ils en étaient...

Je tourne parano, je me sens comme un morceau de steak au milieu des crocodiles, sauf que c’est pire. Je ne vois pas bien leurs dents, ce n’est pas vraiment la foire aux sourires ici, mais je ne tiens pas à vérifier, l’urgence c’est de s’échapper, ça y est, c'est officiel, je panique.

Un grand black blafard (si, c’est possible) s’approche de moi, me regarde de haut en bas et me dit que je suis mortelle...

Aaaaarrrrrhhhh, je monte sur le bar et hurle comme un loup garou, laissez moi sortir, attention j’ai de l’ail plein les poches... Je dessine des crucifix dans l’air, marche sur les têtes de cette armée de fantômes renifleurs, et me retrouve dans l’ascenseur, merde, j’ai peur.Suivent une quinzaine de minutes (voir plus...) qui appartiennent pour toujours au cosmos.

Extérieur nuit 3h du mat :

Avec mes amis, au pieds d’une tour, il fait froid, rires gras, autour de nous des gens imitent les chauves-souris, me saluent comme reine de la nuit, m’appellent Miss Campari.

Emmanuel n’est jamais venu.

Fin de la soirée V.I.P (Vampires In Paris)

 

 

"Rentre! C'est le moment où la lune réveille le vampire blafard sur sa couche vermeille." Théophile Gautier

 

Posté par melodyvilbert à 22:31 - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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